The Last Supper

 

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Ahmed El Attar [9 – 15 novembre 2015]]

Avec le Festival d’Automne à Paris

 

Dans The Last Supper, l’auteur et metteur en scène égyptien, Ahmed El Attar réunit autour d’une table onze personnages d’une famille aisée cairote. Un repas ordinaire qui ne manque pas de croquer les travers d’une société qui tient à ses privilèges et prérogatives au mépris de l’intérêt général

 

Ahmed El Attar : un repas délité
Le 11 février 2011, la révolution mettait fin à la présidence d’Hosni Moubarak. Trois ans plus tard, le 8 juin 2014, l’ancien militaire Abdel Fattah al-Sissi prend les commandes. L’élite cairote ne s’en émeut pas. Cela n’a pas échappé comme mille autres détails apparemment insignifiants (comme la confiscation du discours par une élite) à l’auteur et metteur en scène Ahmed El Attar. Acteur culturel de la génération béton, très engagé au Moyen-Orient, directeur notamment du Downtown Contemporary Arts Festival dédié à la création indépendante de plus en plus menacée. Avec ses complices de toujours le compositeur Hassan Khan et le scénographe Hussein Baydoun, il donne sa propre vision de la Cène.

Réunis autour d’une table pour un banal souper, onze membres d’une même famille, de la nounou à la figure patriarcale du général, papotent pour tuer le temps. Cette table sert de poste d’observation au metteur en scène, terrible chroniqueur pour décrypter l’insouciance et la vacuité de la nukhba (l’élite en arabe), qui ne saurait renoncer à ses prérogatives de classe économiquement dominante. «Pour moi, dit Ahmed El Attar, le théâtre, en gros, l’art, est un container de la vie. L’image de la famille dresse un constat de la société. Le rapport entre ses membres et la souveraineté du père (…) correspond à celui existant entre le peuple et le président ».

Comme en écho à la prémonitoire Table verte de Kurt Jooss annonçant la montée du fascisme et la deuxième guerre mondiale, The Last Supper renseigne sur l’Egypte d’après Moubarak et ses nouveaux dirigeants. La bourgeoisie, autrefois éclairée, s’y délite.

> en savoir plus :

http://www.theatre2gennevilliers.com/2015-16/fr/saison/21-ahmed-el-attar-the-last-supper

Photo : © Mostafa Abdel Aty

Une conversation publique avec Ahmed El Attar animée par Laurent Carpentier, grand reporter au sein du service culture du journal Le Monde aura lieu jeudi 12 novembre dans le prolongement de la représentation. Entrée libre.

T2G – Théâtre de Gennevilliers

41 avenue des Grésillons – 92230 Gennevilliers

réservations / informations : 01 41 32 26 26

Métro ligne 13 – arrêt Gabriel Péri – sortie n°1 puis suivre les flèches rayées rouges et blanches de Daniel Buren / Navettes gratuites retour vers Paris certains soirs.
Arrêts desservis : Place de Clichy, Saint-Lazare, Opéra, Châtelet, République