Désir de Mémoire

Pourquoi avons nous déployé tant d’énergie ces dernières années pour faire connaître à l’opinion publique et tenté de faire reconnaître par l’Etat Français, les évènements tragiques du 08 mai 1945 à SETIF(Algérie) et du 17 octobre 1961 à PARIS ?La réponse est simple : ces deux massacres ont en commun la mémoire de la lutte pour la liberté et l’égalité des droits des peuples dominés par le colonialisme.
Les femmes et les hommes qui sont morts durant cette période avaient du courage et une haute idée de la dignité humaine. Leurs luttes méritent d’être connues par tous.
De plus, il nous semble que les discriminations d’aujourd’hui face au logement, au travail, à l’éducation… ont pour origine le phénomène de reproduction du système colonial.
La grille de lecture concernant cette mémoire que nous retenons, n’a rien à voir avec celle des tenants de la mémoire du pathos et du misérabilisme qui consiste ainsi, à l’aliénation des individus en les assignant dans une éternelle intériorisation de la culture de l’échec et de la victimisation, pour en définitive mieux les dominer.
Bien au contraire, ce que nous voulons, c’est mettre en perspective la dimension de la lutte des dominés de l’ère coloniale et la continuité de ces combats dans l’immigration par leurs enfants en France et en Europe.
Ces luttes ont pour dénominateur commun : la résistance face à toutes les formes d’oppression.
Toute l’histoire des luttes contemporaines de l’immigration coloniale, et notamment celle des Français issus de cette immigration, montre la violence des obstacles qu’elle rencontre pour l’accès à l’égalité des droits.
QUE FAIRE ?
C’est une banalité de rappeler que la politique n’est rien d’autre qu’une histoire de rapport de force.
Que rien n’est jamais définitif, que tout peut se retourner au moment même où l’on ne s’y attend pas.
Il y a aujourd’hui un enjeu de ré affiliation dans cette histoire coloniale qui se reproduit sous des formes subtiles mais non moins violentes.
La compréhension des enjeux d’aujourd’hui, nécessite d’approfondir le désir de mémoire qui semble gagner une majorité d’entre nous.
Le débat sur cette connaissance mémorielle, la plus fine possible permettra à chacun de retrouver le fil de soi.
La co-construction de ce projet de travail de mémoire demande un travail collectif dans lequel, chacun apportera l’expertise de son expérience de vie, afin d’écrire une nouvelle page d’histoire par les acteurs de cette mémoire.
A Bientôt !