Que sommes-nous devenus ?

2004-2015  un nouveau souffle pour les Oranges…

Durant 11 années l’association culturelle Les Oranges a déployé son énergie dans l’action, la production,  et la construction de projet qui s’inspirent des traditions du mouvement d’éducation populaire.  Avec les pièces de théâtres comme « la pomme et couteau » elle a parlé du 17 octobre 1961 d’un drame sans dramatiser pour que les jeunes puissent s’intéresser à l’Histoire de France avec l’intérêt d’une mémoire de combat sans le pathos. Elle nous a appris à connaître la Grèce et la solidarité avec le peuple palestinien avec « la flottille de la liberté de Grèce à Gaza » et « Pavlos tu vis » grâce au partenariat avec la compagnie ERRINA et sa formidable metteur en scène.

Le savoir libère :

Avec plus de 300 conférences/débat organisés dans la région parisienne nous avons diffusé la connaissance, favorisé le débat collectif mais surtout créer des réseaux, des liens d’amitiés et de confiance. Le rapprochement entre les chercheurs en sciences sociales et les citoyens des villes populaires pour démystifier le savoir académique est notre plus grande fierté. Faire un détour socio-historique pour comprendre les enjeux politiques et stratégiques d’aujourd’hui c’est ce que fut notre objectif de départ.  La connaissance socio-historique, carburant central de notre énergie et processus d’identification collective de nombreux citoyens des villes populaires, nous a permis de construire des savoirs nouveaux sur L’Histoire coloniale dont beaucoup d’entre nous sont les héritiers.
Apprendre ensemble à se libérer de la domination médiatique et politique en agissant pour libérer nos imaginaires, pour créer nos propres mots et refuser ce que l’on impose par les chaînes en boucle, c’est déconstruire pour se désaliéner. Ainsi nous avons inventé le terme français Héritiers de l’immigration coloniale pour refuser le terme dépréciatif de « Beur »  ou pire « issu de …… ». Les mots font le monde et la domination se maintient par les mots que l’on nous impose, les refuser c’est résister pour la dignité. Cela est valable aussi dans les luttes sociales lorsque les médias parlent des travailleurs qui luttent pour améliorer leur vie, ils tentent de dévaloriser ce combat en les assimilant à des animaux les plus repoussants en les qualifiant « les salariés grognent, ils envisagent de faire grève »

Lutte symboliques et production de sens :

Reconnaissance du massacre d’état le 17 octobre 1961 à paris (300 algériens massacré par la police sous les ordre du préfet Maurice PAPON) Reconnaissance du crime d’état le 8 mai 1945 (40 000 civile Algériens massacrés par l’armée française et ses supplétifs colons) sont des combats que nous avons menés avec d’autres partenaires associations, historiens, élus ….
Il reste beaucoup de travail à faire pour cette mémoire de combat, mais nous avons obtenu  dans plusieurs villes des plaques, quelques rues, et un boulevard (Nanterre). Le  début de la reconnaissance par les plus hautes autorités reste à traduire de manière explicite, en particulier celui du crime d’état à Sétif.  Toutes ces luttes pour la connaissance de l’histoire coloniale produisent du sens et inscrivent les acteurs dans le combat pour l’égalité et la justice d’aujourd’hui.

Abdelmalek SAYAD : identification à un savant

En 2005, le long combat que nous avons mené pour que le collège en construction  à Nanterre porte le nom du sociologue (chercheur CNRS) Abdelmalek SAYAD. Ce combat a mobilisé beaucoup de citoyens avec leur signature dans notre pétition en ligne. Le conseil général Présidé par Nicolas Sarkozy et  son successeur Patrick Devedjian ont refusé notre proposition de nom du savant algérien. Le 24 mai 2007 nous avions organisé une inauguration symbolique du collège du nom d’Abdelmalek SAYAD. Ce fut l’occasion d’un marqueur important où le symbolique l’emporte sur le réel (cf. inauguration symbolique Abdelmalek Sayad sur le net). En septembre 2013 eut lieu l’inauguration réelle de la rue et du groupe scolaire du savant à Nanterre.

«Exister c’est exister politiquement » A SAYAD

Cette phrase de A SAYAD est le fil conducteur de la permanence du combat pour la justice et l’égalité d’hier, d’aujourd’hui et pour l’avenir. Les Oranges existent dans tous les départements de l’île de France et à Marseille. Chaque association est autonome dans son organisation mais partage les mêmes valeurs de justice, d’égalité, d’émancipation. Durant ces 11 ans de travail nous questionné le passé pour comprendre le présent, aujourd’hui nous agissons sur le présent pour assurer un meilleurs avenir pour tous dans la fraternité et la solidarité.
Paris, le 16 septembre 2015
M’hamed KAKI
Membre fondateur de l’association culturelle Les Oranges
www.LESORANGES.COM