Témoignages et média

Septembre 2015 – article du Parisien sur la mobilisation des Oranges

Val-de-Marne : une association se mobilise contre l’abstention

Témoignages à l’occasion des 10 ans de l’association

parisien

  • Docteur Jacqueline FRAYSSE, Députée des Hauts-de-Seine, Conseillère Municipale de Nanterre

Pour ce 10ème anniversaire de l’Association « les Oranges », je tiens à féliciter, et à remercier, toutes celles et ceux qui ont contribué au succès de cette association et l’ont rendue aujourd’hui indispensable.
« Les Oranges », c’est avant tout une initiative citoyenne, une équipe impulsée, notamment, par M’hamed KAKI, un Nanterrien de toujours.
« Les Oranges » c’est aussi un double pari.
C’est tout d’abord celui d’une forme exigeante d’éducation populaire, avec des conférences d’un haut niveau intellectuel et des invités de grande qualité, un véritable creuset de culture et de réflexions d’où l’on sort toujours plus intelligent qu’en y entrant.
Cette exigence, « Les Oranges » l’a mise au service d’un objectif ambitieux et nécessaire, qui est de placer sous les feux de la rampe ceux que l’histoire officielle s’emploie à laisser dans l’ombre, ces générations d’immigrés qui ont participé à la construction de notre pays commun. Ce faisant, « Les Oranges » leur a permis de quitter les marges de la conscience nationale pour prendre, ou reprendre, leur place dans l’histoire de notre pays, et dans l’espace public de notre ville.
Mais l’action des « Oranges », c’est aussi l’histoire du monde ouvrier, de ses luttes, l’histoire des quartiers populaires, de leur « contre-culture », que « les Oranges » entendent mettre en valeur.
Cet objectif est intimement lié à notre ville : c’est ce qui rend ces Oranges si juteuses, si parfumées, si indispensables.

 

  • Olivier LE COUR GRANDMAISON, Sociologue

Dix ans, déjà. Dix ans au cours desquels l’association Les Oranges a mené à bien de nombreuses initiatives et projets divers dans les « banlieues », comme le disent de nombreux responsables politiques nationaux de droite comme de gauche qui ne s’en préoccupent qu’à l’approche des élections, ou lorsqu’il s’agit d’y rétablir ce qu’ils appellent l’ordre républicain. Quartiers populaires, bien plutôt, laissés en déshérence depuis des dizaines d’années, dont les habitants, français et étrangers, sont souvent stigmatisés par les mêmes qui les perçoivent comme les nouvelles classes pauvres et dangereuses de notre époque. Par la « grâce » d’une opération rhétorique classique, celles et ceux qui sont victimes de discriminations multiples et systémiques deviennent la cause de maux innombrables réputés menacer la France, ses institutions et son identité.
C’est dans ce contexte que Les Oranges ont mené avec succès un combat patient, obstiné et plus que jamais nécessaire pour la reconnaissance des crimes coloniaux, je pense en particulier aux massacres du 17 octobre 1961 au cours desquels des centaines d’Algériens, rassemblés pacifiquement à l’appel du FLN, ont été assassinés par des policiers agissant sous les ordres du Préfet de Police, Maurice Papon. Crime d’Etat, qui fut aussitôt nié par les autorités d’alors et les gouvernements successifs puis longtemps occulté pour ne pas « raviver les plaies du passé et diviser les Français. » Pauvreté et monotonie remarquables des arguments mobilisés par ceux qui continuent de défendre la thèse éculée relative au « bilan » prétendument positif de la colonisation.

 

  • Nadine GARCIA, Conseillère générale des Hauts de Seine, Dirigeante Nationale PCF

Depuis dix ans, M’hamed Kaki et son association « Les Oranges » effectuent un travail d’Histoire considérable afin de maintenir vivante la mémoire.
Ce qui apparait comme une évidence n’en est pas une en réalité : les rapports entre histoire et mémoire ne vont pas de soi surtout lorsque celle-ci est instrumentalisée à des fins politiques voire moralisantes.
M’hamed Kaki a toujours eu le souci de montrer que l’Histoire est d’abord une déconstruction. Il sait qu’elle est aussi mobilisée dans la fabrication de la mémoire et qu’elle contribue à structurer la vie politique. Il y a une pluralité de mémoires. La sienne s’inscrit dans le sillon des Lumières, de la République, de la décolonisation et des pensées émancipatrices.
Au-delà des liens d’amitié que j’ai avec M’hamed Kaki, je voulais vous dire que j’ai beaucoup appris à l’occasion des rencontres des Oranges et qu’elles m’ont servi dans ma pratique militante.
Bon anniversaire pour les dix ans des Oranges.

 

  • Sylvie CABASSOT, Maire-adjointe déléguée à la vie associative et à l’accueil du public

« Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, qui recevront leurs opinions d’une opinion étrangère, en vain, toutes les chaines auraient été brisées, en vain, ces opinions de commandes seraient d’utiles vérités ; le genre humain n’en resterait pas moins partagé entre deux classes : celle des hommes qui raisonnent et celle des hommes qui croient. Celle des maîtres et celle des esclaves ».
Extrait du rapport sur l’Organisation générale de l’instruction publique de Condorcet en avril 1792 à la Convention.
Est-ce que cette phrase résonnait dans vos têtes, lorsqu’avec quelques amis, vous avez décidé de fonder l’association Les Oranges ?
C’est ce que je me plais à croire en ma qualité de témoin privilégié de l’action de votre association qui fête cette année ses 10 ans d’existence.
Inspirée par les fondements de l’Éducation Populaire, votre association porte un projet ambitieux de formation d’un citoyen conscient et critique dans un but d’émancipation collective et inscrit sa démarche dans un projet global de changement de société, de transformation sociale.
Dès vos débuts en 2004, il s’est agit d’écrire quelques pages de l’histoire de l’immigration oubliée par l’histoire officielle.
Cela n’a pas été sans mal, tant les institutions n’aiment pas être bousculées dans leurs certitudes. Il vous a fallu, avec courage et obstination, surmonter les obstacles de l’indifférence, de la stigmatisation ou de la récupération de vos actions.
Il est vrai que votre association n’oeuvrent pas à l’« insertion » des classes populaires mais vise à rendre lisibles aux yeux du plus grand nombre les rapports de domination, les antagonismes sociaux, les rouages de l’exploitation.
Par une affirmation politique de votre projet, vous jouez un rôle fondamental dans la gestion des tensions et des conflits qui participent de la socialisation de chacun en faisant de la recherche de l’équilibre, dans une démarche d’apprentissage interculturel, un véritable outil formateur.
A travers de nouveaux modes de construction sociale et de façons nouvelles d’habiter la démocratie, c’est un avenir porteur de sens que vous tracez pour l’émancipation des individus, le développement de l’esprit critique, la compréhension du monde et la construction d’intelligence collective.
Je vous en remercie et vous souhaite un joyeux anniversaire.

 

Média

  • Presse

Portrait de M’hamed Kaki, président et co-fondateur des Oranges, paru dans Le Monde du 12 Octobre 2013

« Les Oranges ont rendu ses souvenirs à la ville », Le Parisien, 12 Mars 2014

 

  • Films et vidéos

Dialogue des Mémoire Nanterre – Les enjeux de la mémoire collective

Comment la mémoire collective peut-elle être un levier de mobilisation pour le vivre-
ensemble et l’agir-ensemble ?

 

  • Radio

« L’autre 8 Mai 1945″ – Émission enregistrée à Radio Orient le 7 Mai 2015 – Partie 1Partie 2

« Les ghettos et la désespérance des quartiers populaires : Les associations alertent les autorités depuis des décennies » – Émission enregistrée à Radio Orient le 21 janvier 2015

« L’apprentissage de la langue arabe : les nouveaux outils pédagogiques » – Émission enregistrée à Radio Orient le 27 janvier 2014

« Le 11 novembre : quel hommage et quelle reconnaissance pour les combattants des anciennes colonies ? » Émission enregistrée à Radio Orient le 13 novembre 2013

« Abelmayek Sayad, une mémoire pour Nanterre », Vox Populi, 26 avril 2006