Pour que cesse l’oubli

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Mardi 8 mai 1945. Dans la rue principale de Sétif en Algérie, de nombreux Algériens se rassemblent pacifiquement pour exiger la libération du dirigeant nationaliste Messali Hadj, défendre « l’Algérie libre » pour laquelle ils ont conçu un nouveau drapeau, symbole de leur lutte pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et pour l’indépendance.

Pendant plusieurs semaines, l’armée française et de nombreuses milices coloniales, composées de civils d’origine européenne, vont faire régner la terreur pour rétablir l’ordre colonial et défendre l’Algérie française. Bilan : des dizaines de milliers de victimes arrêtées, torturées et exécutées sommairement.

Depuis soixante dix ans, ces crimes de guerre et ces crimes contre l’humanité, commis par l’État et ceux qui le servaient, ne sont pas reconnus. Une telle situation est inacceptable, car elle ajoute à ces massacres l’outrage aux victimes, à leurs descendants et à leurs proches.

Pour que cesse cette injustice, longtemps soutenue par l’occultation des faits et un silence complice des autorités françaises, nous demandons la création d’un lieu du souvenir à la mémoire de celles et ceux qui furent assassinés, l’ouverture de toutes les archives relatives à ces terribles événements, et la reconnaissance par la République des crimes commis alors.

Nanterre, le 22 mars 2015
Olivier LECOUR GRANDMAISON et M’hamed KAKI

Visiter la page de l’autre 8 mai 1945

The Last Supper

 

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Ahmed El Attar [9 – 15 novembre 2015]]

Avec le Festival d’Automne à Paris

 

Dans The Last Supper, l’auteur et metteur en scène égyptien, Ahmed El Attar réunit autour d’une table onze personnages d’une famille aisée cairote. Un repas ordinaire qui ne manque pas de croquer les travers d’une société qui tient à ses privilèges et prérogatives au mépris de l’intérêt général

 

Ahmed El Attar : un repas délité
Le 11 février 2011, la révolution mettait fin à la présidence d’Hosni Moubarak. Trois ans plus tard, le 8 juin 2014, l’ancien militaire Abdel Fattah al-Sissi prend les commandes. L’élite cairote ne s’en émeut pas. Cela n’a pas échappé comme mille autres détails apparemment insignifiants (comme la confiscation du discours par une élite) à l’auteur et metteur en scène Ahmed El Attar. Acteur culturel de la génération béton, très engagé au Moyen-Orient, directeur notamment du Downtown Contemporary Arts Festival dédié à la création indépendante de plus en plus menacée. Avec ses complices de toujours le compositeur Hassan Khan et le scénographe Hussein Baydoun, il donne sa propre vision de la Cène.

Réunis autour d’une table pour un banal souper, onze membres d’une même famille, de la nounou à la figure patriarcale du général, papotent pour tuer le temps. Cette table sert de poste d’observation au metteur en scène, terrible chroniqueur pour décrypter l’insouciance et la vacuité de la nukhba (l’élite en arabe), qui ne saurait renoncer à ses prérogatives de classe économiquement dominante. «Pour moi, dit Ahmed El Attar, le théâtre, en gros, l’art, est un container de la vie. L’image de la famille dresse un constat de la société. Le rapport entre ses membres et la souveraineté du père (…) correspond à celui existant entre le peuple et le président ».

Comme en écho à la prémonitoire Table verte de Kurt Jooss annonçant la montée du fascisme et la deuxième guerre mondiale, The Last Supper renseigne sur l’Egypte d’après Moubarak et ses nouveaux dirigeants. La bourgeoisie, autrefois éclairée, s’y délite.

> en savoir plus :

http://www.theatre2gennevilliers.com/2015-16/fr/saison/21-ahmed-el-attar-the-last-supper

Photo : © Mostafa Abdel Aty

Une conversation publique avec Ahmed El Attar animée par Laurent Carpentier, grand reporter au sein du service culture du journal Le Monde aura lieu jeudi 12 novembre dans le prolongement de la représentation. Entrée libre.

T2G – Théâtre de Gennevilliers

41 avenue des Grésillons – 92230 Gennevilliers

réservations / informations : 01 41 32 26 26

Métro ligne 13 – arrêt Gabriel Péri – sortie n°1 puis suivre les flèches rayées rouges et blanches de Daniel Buren / Navettes gratuites retour vers Paris certains soirs.
Arrêts desservis : Place de Clichy, Saint-Lazare, Opéra, Châtelet, République

Que sommes-nous devenus ?

2004-2015  un nouveau souffle pour les Oranges…

Durant 11 années l’association culturelle Les Oranges a déployé son énergie dans l’action, la production,  et la construction de projet qui s’inspirent des traditions du mouvement d’éducation populaire.  Avec les pièces de théâtres comme « la pomme et couteau » elle a parlé du 17 octobre 1961 d’un drame sans dramatiser pour que les jeunes puissent s’intéresser à l’Histoire de France avec l’intérêt d’une mémoire de combat sans le pathos. Elle nous a appris à connaître la Grèce et la solidarité avec le peuple palestinien avec « la flottille de la liberté de Grèce à Gaza » et « Pavlos tu vis » grâce au partenariat avec la compagnie ERRINA et sa formidable metteur en scène.

Le savoir libère :

Avec plus de 300 conférences/débat organisés dans la région parisienne nous avons diffusé la connaissance, favorisé le débat collectif mais surtout créer des réseaux, des liens d’amitiés et de confiance. Le rapprochement entre les chercheurs en sciences sociales et les citoyens des villes populaires pour démystifier le savoir académique est notre plus grande fierté. Faire un détour socio-historique pour comprendre les enjeux politiques et stratégiques d’aujourd’hui c’est ce que fut notre objectif de départ.  La connaissance socio-historique, carburant central de notre énergie et processus d’identification collective de nombreux citoyens des villes populaires, nous a permis de construire des savoirs nouveaux sur L’Histoire coloniale dont beaucoup d’entre nous sont les héritiers.
Apprendre ensemble à se libérer de la domination médiatique et politique en agissant pour libérer nos imaginaires, pour créer nos propres mots et refuser ce que l’on impose par les chaînes en boucle, c’est déconstruire pour se désaliéner. Ainsi nous avons inventé le terme français Héritiers de l’immigration coloniale pour refuser le terme dépréciatif de « Beur »  ou pire « issu de …… ». Les mots font le monde et la domination se maintient par les mots que l’on nous impose, les refuser c’est résister pour la dignité. Cela est valable aussi dans les luttes sociales lorsque les médias parlent des travailleurs qui luttent pour améliorer leur vie, ils tentent de dévaloriser ce combat en les assimilant à des animaux les plus repoussants en les qualifiant « les salariés grognent, ils envisagent de faire grève »

Lutte symboliques et production de sens :

Reconnaissance du massacre d’état le 17 octobre 1961 à paris (300 algériens massacré par la police sous les ordre du préfet Maurice PAPON) Reconnaissance du crime d’état le 8 mai 1945 (40 000 civile Algériens massacrés par l’armée française et ses supplétifs colons) sont des combats que nous avons menés avec d’autres partenaires associations, historiens, élus ….
Il reste beaucoup de travail à faire pour cette mémoire de combat, mais nous avons obtenu  dans plusieurs villes des plaques, quelques rues, et un boulevard (Nanterre). Le  début de la reconnaissance par les plus hautes autorités reste à traduire de manière explicite, en particulier celui du crime d’état à Sétif.  Toutes ces luttes pour la connaissance de l’histoire coloniale produisent du sens et inscrivent les acteurs dans le combat pour l’égalité et la justice d’aujourd’hui.

Abdelmalek SAYAD : identification à un savant

En 2005, le long combat que nous avons mené pour que le collège en construction  à Nanterre porte le nom du sociologue (chercheur CNRS) Abdelmalek SAYAD. Ce combat a mobilisé beaucoup de citoyens avec leur signature dans notre pétition en ligne. Le conseil général Présidé par Nicolas Sarkozy et  son successeur Patrick Devedjian ont refusé notre proposition de nom du savant algérien. Le 24 mai 2007 nous avions organisé une inauguration symbolique du collège du nom d’Abdelmalek SAYAD. Ce fut l’occasion d’un marqueur important où le symbolique l’emporte sur le réel (cf. inauguration symbolique Abdelmalek Sayad sur le net). En septembre 2013 eut lieu l’inauguration réelle de la rue et du groupe scolaire du savant à Nanterre.

«Exister c’est exister politiquement » A SAYAD

Cette phrase de A SAYAD est le fil conducteur de la permanence du combat pour la justice et l’égalité d’hier, d’aujourd’hui et pour l’avenir. Les Oranges existent dans tous les départements de l’île de France et à Marseille. Chaque association est autonome dans son organisation mais partage les mêmes valeurs de justice, d’égalité, d’émancipation. Durant ces 11 ans de travail nous questionné le passé pour comprendre le présent, aujourd’hui nous agissons sur le présent pour assurer un meilleurs avenir pour tous dans la fraternité et la solidarité.
Paris, le 16 septembre 2015
M’hamed KAKI
Membre fondateur de l’association culturelle Les Oranges
www.LESORANGES.COM