Lettre ouverte aux citoyens d’Ile-de-France

Le 6 et 13 décembre 2015 auront lieu les élections régionales. Bien que ce rendez-vous soit d’une importance capitale, beaucoup de citoyens ne se sentent pas concernés et ne se rendront pas aux urnes. Ce qui se profile, c’est l’abstention massive.

Un fossé sépare désormais le monde de la politique de la société

Le sentiment de trahison et la déception face aux politiques gouvernementales qui se succèdent sans améliorer la vie des gens, conduisent les citoyens à une grande défiance vis-à-vis de la politique en générale et plus particulièrement à l’encontre des partis. Et cette défiance grandissante se fait sentir au sein même du monde militant. Avec la personnalisation du pouvoir, la politique est devenue une affaire de professionnels où les spécialistes et les communicants comptent davantage que les colleurs d’affiches ou les militants. Les espaces de délibération collective cèdent la place aux think tanks et aux sondeurs. On assiste à la dépossession des adhérents, qui pèsent désormais moins que rien.

Ce sentiment d’impuissance est exacerbé lorsqu’on observe comment les nouveaux maitres du monde (banques, instances de l’Europe, FMI) imposent à des Etats souverains comme la Grèce, des politiques qui vont à l’encontre des décisions démocratiques prises par le peuple.

Nous comprenons l’écœurement et la méfiance suscités par certaines démarches de « démocratie participative » qui instrumentalisent les citoyens pour mieux les abandonner au bord de la route au moment, par exemple, des accords entre partis.

Nous comprenons que les citoyens des villes populaires soient dégoutés par les stratégies de « diversité de diversion », qui imposent des candidats de « circonstances » au détriment de citoyens de ladite diversité dont l’expérience militante de terrain n’est plus à démontrer.

Cette stratégie désastreuse de la lutte des places, où la fin justifie les pires méthodes, a conduit beaucoup de citoyens, en particulier ceux des villes populaires, à pratiquer légitimement leur droit de retrait. Mais ce retrait de la vie politique, cette fatigue, se soldent par des scores d’abstention considérables qui font le jeu des élites en place.

Face à ce triste constat, existe-t-il encore un champ des possibles ?

De Notre-Dame-des-Landes à Sivens en passant par le parc de la Courneuve en Ile-de-France, nous constatons que les partis ne s’imposent plus comme l’unique véhicule des batailles politiques. Partout en France et en Europe, les citoyens portent une exigence de plus en plus forte de justice sociale, de solidarité et de progrès.

A son niveau et fort de son encrage profond en Ile-de-France, l’association culturelle les Oranges œuvre, depuis plus de 10 ans, à l’émancipation et à l’augmentation de la capacité d’agir des citoyens des villes populaires.

Vous vous sentez directement concerné par les problèmes d’emploi, de formation, de transports, d’écologie, de tranquillité publique ? Vous souhaitez vous exprimer sur ces sujets et les porter sur la place publique. Nous vous proposons, à l’occasion des élections régionales d’ici le mois de décembre 2015, de participer aux conférences-débats que nous organisons dans plusieurs départements, afin de créer ensemble les conditions d’un véritable débat citoyens. Ces rencontres seront l’occasion de dialoguer avec des chercheurs et d’interroger les candidats sur les sujets qui vous préoccupent.

Si cette mobilisation existe, voter lors de ces élections régionales prendra tout son sens: celui que le mouvement citoyen lui donnera, celui que vous lui donnerez si nous nous rassemblons autour des valeurs d’égalité et de partage que l’association Les Oranges porte depuis sa création.

Collectif des Amis des Oranges