Nelly Boblin-Collet: « La plume est ma seule arme »

securiteDans un pays où seule la répression répond à la violence sociale, dans un pays ou l’État d’urgence permet d’envahir les vies au quotidien, je me permets en tant qu’ancienne étudiante, juriste de Paris X Nanterre, ancienne militante du MLAC, des groupes femmes, des Comités Chili, ancienne syndicaliste CGT puis CFDT, ancienne cadre contractuelle de la fonction publique du ministère de l’Équipement, de la culture, de la direction de l’eau, de la direction de la construction puis de l’urbanisme à la Préfecture de Paris de vous alerter sur la situation de mon fils Victor Collet mis en garde à vue durant 48h, éloigné de Paris et dont le parquet demande la mise en détention. 
Mon fils est un syndicaliste, un chercheur, ses travaux sont reconnus et ses idées affichées.
Encore le 21 juin dernier mon fils a participé à un colloque sur les violences policières. Ces derniers mois il aidait à la construction d’une maison des migrants à Athènes et revenait en France chez nous à Colombes, pour continuer ses recherches, son travail au Labex pour les journées du patrimoine et son livre issu de sa thèse « Du bidonville à la cité, les trois âges des luttes pro-immigrés: une sociohistoire à Nanterre (1957-2011) » soutenue fin 2013 à l’Université de Paris Ouest Nanterre.
Si la prison, l’enfermement, est la seule solution trouvée par un gouvernement de Gauche pour lequel j’ai voté, je ne suis plus de gauche. J’ai appris de part mon parcours que le silence, la peur étaient le ciment des dictatures. Tout commence doucement…surtout en État d’urgence où il ne fait pas bon d’être devant. 
Moi aussi j’ai peur, la perquisition est une réalité de l’État d’urgence, mon mari n’entend plus rien suite à une explosion de grenade en manifestation. Vais je attendre que tout se calme pour parler? Vais je me soumettre au silence de l’instruction?
Les luttes internationales des femmes,les batailles des mères du Chili, d’Argentine et d’ailleurs m’ont appris que le silence isole et tue.
J’ai l’espoir, que n’ont pas de nombreuses mères de banlieues, les mères de Clément Méric, Rémi Fraisse et de tous les anonymes qui croupissent en prison,  de voir mon fils construire une Europe du coeur et pas de la haine. 
La haine, les attentats, la répression, j’ai connu cela petite en Algérie, je suis issue d’une famille qui vit debout.

C’est tous ensemble et pas par un Etat de plus en plus sécuritaire qui met ses policiers en avant, ses jeunes en prison, que nous construirons une vraie Europe, une Europe sociale sans frontières.

Nelly Boblin-Collet
Mercredi, 06 juillet 2016

APPEL A RASSEMBLEMENT

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 L’AUTRE 8 MAI 1945

Il est impossible de célébrer l’anniversaire de la victoire contre le fascisme sans vouloir arracher à l’oubli ce qui s’est passé en Algérie ce même 8 mai et les jours suivants.

Des manifestations pacifiques à Sétif, Guelma, Khératta et la région ont été réprimées dans le sang ; des dizaines de milliers de civils Algériens ont été massacrés par la police, la gendarmerie, les milices armées par les autorités locales, l’Armée Française, agissant sur ordre de l’exécutif. C’est après cette répression massive que l’on a déploré à Sétif et aux alentours une centaine de victimes Européennes.

Amputer notre histoire commune par l’occultation de ce crime d’Etat ne permet pas à la France d’en finir avec la page coloniale de son histoire. Si, le 19 mars, le président de la République a reconnu que le système colonial en Algérie était « injuste » et « niait les aspirations des peuples à décider d’eux-mêmes », il faut qu’il aille plus loin en disant la vérité sur les massacres du 8 mai 1945.Le geste symbolique fait à Sétif en 2015 par le secrétaire d’Etat chargé des Anciens combattants et de la mémoire, J-M. TODESCHINI, demeure très en-deçà de cette demande.

En 2015, le conseil municipal de Paris a demandé à l’unanimité au chef de l’Etat de reconnaître ces massacres comme crimes d’Etat. Des vœux dans ce sens ont été adoptés par les villes de Rennes, Nanterre, Champigny, Vitry-sur-Seine, Bobigny,   d’Ivry-sur-Seine.

Le 14 avril 2015, un Collectif Unitaire pour la reconnaissance des crimes d’Etat de 1945 en Algérie (Sétif, Guelma, Kherrata) s’est constitué. Outre cette reconnaissance, il demande: l’ouverture de toutes les archives, l’inscription dans la mémoire nationale de ces événements par le biais de gestes forts des plus hautes autorités de l’Etat et un soutien à la diffusion des documentaires relatifs aux événements dans l’Education Nationale comme dans les médias publics.

Nous appelons à un

RASSEMBLEMENT  UNITAIRE

le 8 mai 2016 à 16h00

Sur le parvis de l’Hôtel de Ville de  Paris

 

CONTACTS  PRESSE :

COLLECTIF UNITAIRE POUR LA RECONNAISSANCE DES CRIMES D’ETAT EN ALGERIE

(Sétif, Guelma, Khérrata)

M’hamed KAKI 06 12 63 63 69 –  Olivier LE COUR GRANDMAISON  06 14 83 21 20

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